Le futur de la biologie synthétique
Récemment, un ensemble d'articles s'intéressent au futur de la biologie synthétique. Ces articles semblent articuler ce futur en 3 idées.
- Biologie Synthétique ce qu'il reste à faire : (Internet Actu 2/02/08)
- A quest to create life out synthetics (Boston Globe 2/04/08)
- Making Cells like Computer Boston (Boston Globe 18/02/08)
- Synthetic biology is not what you have learned but what you have made (Wired 25/01/08)
Un génome synthétique from scratch :
Le génome synthétique réalisé au Craig Venter Institute correspond à une copie d'un génome existant (aux messages dissimulés près cf. post). La performance repose sur la capacité de reculer les possibilités synthèse de l'ADN (~ 600 000 bp) . Il ne s'agit donc pas d'une conception originale mais d'une prouesse technologique. L'enjeu serait donc de créer un génome "fondamental" minimal de-novo permettant à un organisme de "vivre" et qui serait enrichi d'autres gènes de synthèse ensuite.
Programmer le génome:
Survient alors la nécessité de contrôler et de prévoir le résultats des gènes de synthèse. Deux écoles semblent s'opposer sur ce point. Les premiers prônent la nécessité d'une compréhension exhaustive et complète de toutes les fonctions des gènes d'un génome ; à la fois séparément et en les intégrant. Les autres opposent le fait que construire ne nécessite pas une compréhension totale: "un ingénieur en électronique ne conçoit pas une radio à partir d'electrons." Il faut pouvoir utiliser des morceaux de génomes comme des boîtes noires en se fondant sur la considération pragmatique: "cela marche, validons la construction et utilisons la".
Un langage de programmation pour la synthèse de génomes:Programmer le génome:
Survient alors la nécessité de contrôler et de prévoir le résultats des gènes de synthèse. Deux écoles semblent s'opposer sur ce point. Les premiers prônent la nécessité d'une compréhension exhaustive et complète de toutes les fonctions des gènes d'un génome ; à la fois séparément et en les intégrant. Les autres opposent le fait que construire ne nécessite pas une compréhension totale: "un ingénieur en électronique ne conçoit pas une radio à partir d'electrons." Il faut pouvoir utiliser des morceaux de génomes comme des boîtes noires en se fondant sur la considération pragmatique: "cela marche, validons la construction et utilisons la".
Espérer "programmer" les gènes avec la technologie actuelle c'est comme "programmer Vista en binaire" (C. Voigt). Pour passer à l'échelle d'un génome entièrement original, il faut se doter d'outils logiciels ressemblant à ceux des langages de programmation, à savoir un langage de haut niveau comme JAVA et un compilateur. D. Endy étend cette idée à une chaine complète de conception par analogie au "compilateur de matière" (matter compiler) qui assemble des atomes en matière pour construire des artéfacts.
Ces idées font certainement partie de projets de recherches mais le fait qu'elles transparaissent dans la presse grand public est peut être nouveau.
On ne saurait conclure ce post sans cette citation de C. Venter que je laisse à votre appréciation:
On ne saurait conclure ce post sans cette citation de C. Venter que je laisse à votre appréciation:
The future of life depends not only in our ability to understand and use DNA, but also in creating new synthetic life forms, that is, life which is forged not by Darwinian evolution, but created by human intelligence.
Le futur de la vie ne dépend pas seulement de notre capacité à comprendre et à utiliser l'ADN mais aussi de celle à créer une nouvelle forme de vie ; une vie forgée non pas par l'évolution Darwinienne mais conçue par l'intelligence humaine.
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